Comment stimuler la créativité en entreprise ?

créativité en entreprise

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Comment stimuler la créativité dans votre équipe ou votre entreprise ? La créativité, soit la capacité de créer un concept nouveau à partir d’éléments connus pour résoudre un problème, est essentielle en entreprise. Avec la connaissance et les compétences, elle forme un trio explosif qui permet l’innovation, carburant de nombreux secteurs d’activité. C’est aussi un moyen d’augmenter le niveau de collaboration entre équipes et d’appréhender les risques et les imprévus de manière plus sereine. Mais comme elle est difficile à mesurer, la créativité a longtemps été le parent pauvre du management. 

Voici quelques conseils pour favoriser la créativité dans votre organisation.

Avoir conscience des stéréotypes

C’est bien connu, la créativité est l’apanage des artistes, des écrivains. Et dans une entreprise, elle serait le domaine réservée de quelques personnes seulement : managers, ingénieurs, développeurs, UX designers ou encore les tout-puissants DA en agence de pub. Pire encore, la créativité serait un don. Donc pas la peine de se fatiguer à la stimuler, on est créatif ou on ne l’est pas, c’est comme ça !  Voilà pour les principaux stéréotypes relatifs à la créativité. Résultat : la créativité reste cloisonnée et s’essouffle au point de ne plus produire d’innovations. 

Pas facile de se débarrasser de ce genre de pensées limitatives, surtout dans un monde professionnel rempli de normes, de codes et d’intitulés de poste qui enferment chacun dans une case, un rôle. Même si un stagiaire a l’idée du siècle, pas certain qu’il soit écouté. 

Montrer que c’est possible

Dans une entreprise, c’est le chef, le manager qui doit montrer l’exemple, faire comprendre à son équipe que c’est possible, qu’on a le droit de sortir du cadre habituel, de penser “out of the box”. Chez Orange, en 2009, une nouvelle directrice qui arrivait tout juste des États-Unis a dû animer une grande convention sur le thème de l’innovation et de la prise de risque. Son principal souhait était d’incarner au mieux ses propos. Passionnée de chant, elle a décidé de mettre en musique une partie de son discours.  Elle a adapté le texte d’un gospel à l’esprit d’Orange et l’a interprété devant 1 000 collaborateurs, direction comprise. Peu à peu, la chorale d’Orange est sortie des gradins et l’a rejointe sur scène, puis un chef d’orchestre s’est levé et a invité la salle à reprendre le refrain. Un moment unique dans l’histoire d’Orange et de la carrière de cette directrice hors du commun qui a étonné par son sens de la créativité.  Car, en matière de créativité, l’exemplarité est essentielle. Jacques Chaize, patron de Danfoss Socla (groupe spécialisé dans la robinetterie), la revendique haut et fort : « Je dois adopter les mêmes attitudes et techniques génératrices d’idées que mes équipes. Et être présent à tous les moments où la créativité peut et doit s’exprimer. »

Le temps… de se tromper

Le corollaire du point précédent est double. Si la créativité devient possible, encore faut-il trouver le temps d’être créatif et savoir que si l’on se trompe, les conséquences ne seront pas trop désastreuses pour sa carrière.

Le temps

Chez Google, par exemple, chaque salarié dispose à sa guise de 10 % de son temps pour travailler sur un projet personnel. Chez Facebook, les hackathons sont des rituels, des espaces-temps pendant lesquels la créativité et l’inventivité des développeurs sont stimulées intensément. D’ailleurs, de nombreuses études l’ont montré : pour être créatif, il faut s’ennuyer. C’est d’ailleurs l’ennui qui est à l’origine de grandes découvertes. L’exemple le plus connu est celui d’Isaac Newton, qui aurait eu ses idées les plus brillantes lors d’une retraite en pleine campagne après ses études secondaires. Et les exemples de ce type foisonnent dans la littérature scientifique. Plus récemment, les études menées par le scientifique Marcus Raichle ont apporté beaucoup à la reconnaissance du lien entre ennui et créativité.  L’activité cérébrale enregistrée lorsque « nous ne faisons rien de particulier » pourrait bien être la « signature créative » de notre cerveau, selon le chercheur. Attention cependant au bore-out… Ne pas confondre rêverie créative et démotivation totale ! 

Le droit à l’erreur 

C’est bien sûr une des conditions de la créativité. Dans un précédent article, nous avons démontré à l’aide d’exemples, tels que celui de l’entreprise californienne Intuit qui célèbre ses échecs comme pour les exorciser, que les organisations qui valorisent l’erreur sont plus innovantes que les autres. Le rôle du manager est de désinhiber ses collaborateurs pour ôter leurs peurs et leurs réserves. N’est-ce pas en partant du hamster tournant dans sa roue que les salariés de Seb ont cheminé vers le système du panier rotatif de la friteuse sans huile ?  

La levée des tabous est un passage obligé pour la créativité, car, dans un premier temps, il s’agit de lancer un maximum d’idées, sans retenue aucune et sans porter le moindre ­jugement sur les propositions exprimées.

S’organiser pour la créativité

Pour libérer la créativité, l’organisation de l’entreprise, ou au moins d’une équipe, doit être propice à son expression. Dans un ouvrage de référence sur le sujet, Organizational Mastery, le chercheur Luis Gonzalez montre que les petites équipes multidisciplinaires et cogérées sont souvent les plus créatives. Il montre par exemple comment, dans les années 2000, il a convaincu Toyota de mettre en place de véritables “communities of practice and knowledge sharing”, de toutes petites équipes disséminées à travers le monde, dont le seul rôle était d’imaginer des solutions nouvelles à des problèmes existants. Leurs membres n’avaient rien d’autre à faire que de se documenter sur des sujets précis et de générer des idées. 

Des entreprises comme Whirlpool ont très bien compris que la créativité se guide, s’organise. Pour Jacques Blanc, président de Whirlpool France jusqu’en 2013, « la créativité et l’innovation ne se décrètent pas. Elles supposent une structure et des ressources ; la créativité, ça s’organise en mettant en place un réseau opérationnel, avec un comité d’innovation, des groupes de travail et des correspondants ». 

Lorsque la marque d’électroménager a décidé dans les années 2000 de sortir l’innovation des laboratoires où elle était confinée, elle a formé un groupe de 30 “imentors” (“i” pour innovation). Un salarié sur 20 est chargé, aujourd’hui encore, d’encadrer les groupes projets et de former les collaborateurs aux techniques de créativité comme le creative thinking ou le design thinking.

Recruter pour la créativité 

« La créativité, c’est une affaire de casting », affirme Philippe Dauphin, président de Wincor Nixdorf France, « le terreau de l’innovation se prépare dès la composition des équipes ». S’il reçoit en entretien chaque candidat à l’embauche ou à la mobilité, c’est pour élaborer une sorte d’alchimie humaine. À l’échelle de l’entreprise comme au niveau d’un service, le pire ennemi de la créativité, c’est le clonage. 

Le manager doit donc veiller à cultiver les différences. Un vrai défi, car la culture de l’altérité n’a rien de spontané. Wincor Nixdorf a choisi de l’aborder par la pluridisciplinarité des équipes. « Quel que soit le sujet abordé, il est obligatoirement soumis à un collège réunissant des collaborateurs du marketing, des RH, de la R&D, de la production et des services financiers », explique son PDG.

D’autres entreprises opteront pour des différences liées aux personnalités et aux parcours. D’une manière générale, plus on mise sur la différence, plus la communication devient complexe. Pour que la greffe prenne, le manager doit donc gérer l’équipe dans une dynamique d’intérêts communs… et de faire taire les egos, à commencer par le sien !

Auteur(s)

  • Rédactrice en chef de Change the Work, j'explore le travail sous toutes ses coutures en espérant montrer l'importance du métier RH dans l'entreprise de demain...

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