Weave Executive Search, cabinet de chasse qui se concentre sur le recrutement, a organisé un afterwork le 5 juillet 2018 dont le sujet était future of recruiting : soft skills x transformation digitale. Un sujet aussi captivant que ses animateurs : Anthony Buchenet (directeur du cabinet de chasse), Marc Morel (associé en charge des sujets de transformation digitale) et Patrick Ok (fondateur de Slash, start-up dédiée au coaching et à la formation en soft skills).

Pourquoi Weave Executive Search est-il aussi bien placé pour parler des soft skills ? Ce cabinet en a fait son critère phare du recrutement : il met par exemple à disposition de ses clients un algorithme qui qualifie les candidats en fonction des soft skills, et uniquement des soft skills (il s’agit là de recrutement prédictif). C’est une solution qui permet de garantir la réussite du candidat et son épanouissement dans l’écosystème de l’entreprise. Change The Work était à cette conférence, et vous propose d’en revivre les points forts.

Que sont pour vous les soft skills ?

Soft skills

Pour Anthony Buchenet, les soft skills sont, comme son nom l’indique, des « compétences douces ». Weave Executive Search a tenté d’en cerner les contours plus précisément : à l’inverse des hard skills, il s’agit d’être capable de :

  • Résoudre des problèmes
  • Avoir l’esprit entrepreneurial
  • Etre empathique
  • Gérer son temps
  • Etre audacieux
  • Avoir le sens du collectif
  • Détenir une intelligence émotionnelle.

Patrick Ok cherche d’abord à les définir de façon positive : on pourrait dire que ce sont des compétences émotionnelles et mentales. Mais pour les définir de façon plus négative (en disant ce qu’elles ne sont pas), elles sont l’inverse des hard skills. Or celles-ci ont quatre caractéristiques :

  • Elles sont d’ordre technique
  • Elles sont mesurables
  • Leurs résultats sont quantifiables
  • Elles sont validées par les institutions académiques

Néanmoins Marc Morel nuance les propos de M. Ok : on peut toutefois tenter de mesurer les soft skills. M. Morel a en effet travaillé chez Capgemini, entreprise dans laquelle, lors du recrutement, on se demande si travailler avec le candidat jusqu’à 22h, à deux, serait oui ou non agréable et « supportable ». Il s’agit de déterminer ceux qui s’intégreraient mal dans le groupe. Celui qui est ainsi mal perçu est automatiquement recalé. Bien sûr, il s’agit là d’une mesure binaire (0 ou 1), mais c’est déjà une façon de mesurer.

En quoi les soft skills sont-elles plus importantes aujourd’hui qu’hier lors du recrutement ?

Soft skills versus Hard skills

Elles viennent de plus en plus en complément des hard skills, remarque Anthony Buchenet, et c’est une façon de discerner les talents de plus en plus marquée, qui va s’approfondir demain.

Marc Morel ajoute que l’on ne travaille plus comme hier, donc les besoins d’aujourd’hui sont différents, et c‘est normal que l’on ait alors recours à ce nouveau genre de compétences. Tout d’abord la digitalisation a changé la donne : à l’ère de l’instantanéité, il faut être rapide et efficace, c’est pourquoi la logique des soft skills s’est au fur et à mesure imposée. De plus, la performance ne vient d’une tâche effectuée seule : il faut miser sur l’intelligence collective, et travailler en écosystème, car la diversité est créatrice de valeur. Par exemple, Weave Executive Search recrute une partie des consultants chez les designers, car penser hors des sentiers battus est une nouvelle exigence.

A rebours des précédents propos, Patrick Ok ne pense pas, quant à lui, que les soft skills aient pris de l’importance au cours du temps, mais plutôt qu’on s’est rendu compte de leur importance au cours du temps. C’est cette prise de conscience qui nous amène aujourd’hui à penser des réformes de sociétés plus larges, notamment sur l’école : celle-ci ne doit plus viser à remplir le cerveau des jeunes par quelque chose qui dans vingt ans sera obsolète, mais plutôt leur apprendre à apprendre par eux-mêmes.

Sont-elles innées ou se développent-elles ?

Cette question s’adresse surtout au coach Patrick Ok : bien sûr qu’elles se développent, et c’est notamment par le coaching ou quelques exercices qu’elles s’améliorent. On peut par exemple citer la règle des trois secondes : à chaque moment de doutes, de tergiversations face à quelque chose (aborder une personne à une soirée networking, envoyer un e-mail ou non…) on se fixe trois secondes pour se décider. On évite donc de peser le pour et le contre afin de ne pas être obnubilé par le contre lors de l’action, il s’agit là d’une façon d’améliorer sa spontanéité. De même, le coaching permet aussi de développer ses soft skills car le regard extérieur est toujours bénéfique (parfois on croit que notre travail est parfait, seul un tiers nous permettra de pointer nos failles pour les surmonter).

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Auteur(s)

  • Je suis surtout passionné de littérature, de philosophie et de bandes-dessinées. J’ai aussi choisi d’écrire dans ce journal par intérêt pour l’écriture et pour les pratiques nouvelles du monde du travail.