SCOP, SCIC, CAE : et oui, des nouvelles formes d’entreprise ont fait leur apparition dans notre vocabulaire. Zoom sur les SCOP !

Une SCOP, qu’est-ce-que c’est ?

Les SCOP, Sociétés coopératives et participatives, désignent d’un côté les entreprises à statut SCOP (Société coopérative de production) et celle au statut SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif).

Juridiquement parlant, c’est une société coopérative de forme SA, SAS ou SARL. Elle est gérée et dirigée par des collaborateurs associés, qu’ils soient créateurs ou repreneurs. La création de ce type de société est possible dans tous les secteurs d’activités : commerce, services, artisanat, industrie,… De plus, pour qu’une SCOP puisse se développer et pérenniser ses projets, elle doit forcément être rentable, mais, à la différence d’une entreprise classique, “elle a le coeur démocratique”.

En effet, le statut repose sur quatre grands principes :

  • Tout d’abord, les salariés sont maîtres à bord de leur entreprise. C’est-à-dire, que les SCOP peuvent accueillir des associés extérieurs mais ils restent toujours majoritaires au capital. En effet, ils ont en leur détention au moins 51% du capital social et au moins 65% des droits de vote et même s’ils ne sont pas tous associés, leur vocation est de le devenir.
  • Ensuite, la SCOP repose sur un partage équitable concernant le pouvoir, les risques, l’information et les profits. Ainsi, les grandes décisions sont votées en assemblée générale et respectent le principe de 1 personne = 1 voix.
  • Puis, quel que soit le métier ou la taille de l’entreprise, il y a une mise en commun des compétences et des savoirs-faire dès qu’un projet est évoqué. L’objectif est avant tout de faire durer la SCOP non seulement pour les salariés actuels mais aussi pour les générations futures.
  • Enfin, la coopérative peut très bien se développer à l’international mais son centre de décision reste là elle a vu le jour.

SCOP, des décisions collaboratives

La SCIC, une dérivée de la SCOP ?

Si le projet s’inscrit plutôt dans le social, le développement local, la culture, les énergies, la santé alors, il vaut mieux se tourner vers la SCIC. Les mécanismes coopératifs et participatifs sont les mêmes que ceux que de la SCOP. La différence se fait au niveau des membres associés au capital. Effectivement, la SCIC permet d’associer au sein de l’entreprise tous les acteurs d’un projet : salariés bien entendu mais aussi ceux qui désirent s’impliquer comme des bénévoles, des collectivités ou des partenaires privés.

Elles ont adopté le système SCOP !

La SCOP Cabrol

La SCOP Cabrol

Située à Mazamet dans le Tarn, Cabrol a bien failli disparaître suite à son placement en redressement judiciaire en janvier 2015. L’entreprise, spécialisée dans la fabrication de structures métalliques, a pu compter sur le soutien de ses 35 salariés qui, après leur licenciement, ont repris l’entreprise pour en faire une coopérative.

Les salariés avaient tout à y gagner car en contrepartie, ils avaient non seulement l’assurance d’être réembauchés mais en plus dans les mêmes conditions salariales. Le choix de ce modèle a donc été une évidence. De plus, l’entreprise a aussi été soutenue par l’UR SCOP et Midi-Pyrénées Active tandis que la SCIC IéS a permis par son prêt d’acheter du matériel. Aujourd’hui, Cabrol compte parmi ses rangs 55 salariés dont 35 associés et a réalisé un CA de 10 700 000 € sur 17 mois.

L’agence de communication RC2C

RC2C : un modèle collaboratif

L’agence, créée en 1985, s’est toujours développée dans l’optique d’intégrer l’éthique et la responsabilité sociétale. C’est en 2014, au moment de prendre sa retraite que Michel Lacroix, le dirigeant fondateur, propose à ses 24 salariés de reprendre l’entreprise. L’agence est donc devenue une SCOP et réalise 50% de son CA auprès de décideurs publics et l’autre moitié auprès du secteur privé.

Comme pour Cabrol, l’agence a été soutenue par l’UR SCOP Poitou-Charentes, Initiative Charente-Maritime, les outils financiers du Mouvement SCOP dont Socoden, le Crédit Mutuel et le Crédit Coopératif. Ce sont les collaborateurs eux-mêmes, au nombre de 20 associés, qui ont nommé Syvain Ferlac PDG et Cécile Vanderkelen directrice générale déléguée. L’agence explique ce choix par le désir de travailler sur un mode collaboratif aussi bien avec leurs clients qu’au sein même de l’agence.

Groupe Chèque Déjeuner

Up est la maison mère du groupe et a été fondée en 1964. Son fonctionnement est le même que pour toute SCOP et repose donc sur des valeurs démocratiques et participatives. Aujourd’hui, cette coopérative est devenue un exemple pour toutes les filiales du groupe qui s’orientent de plus en plus vers ce modèle. Chez Up, ce sont les salariés qui détiennent à 100% l’entreprise et il n’y aucun actionnaire externe.

Up, en quelques chiffres, c’est un groupe international présent dans 17 pays, 21,3 millions de bénéficiaires dans le monde, 2685 collaborateurs dans le monde dont 684 salariés-sociétaires, 347, 4 millions d’€ de CA, 1 million de clients. Dès lors et comme le rappelle si bien le groupe : “cette réussite économique est le fruit d’un modèle de gouvernance coopératif”. Une telle réussite est donc la preuve qu’il est tout à fait possible de réussir, économiquement et humainement parlant, tout en innovant quant aux manières d’entreprendre.

SCOP groupe chèque déjeuner

Un bel avenir pour les SCOP

Les SCOP sont actuellement en pleine expansion et connaissent un fort succès. En effet, selon la CGSCOP, le bilan de l’année 2016 est très positif : 266 ont vu le jour et 2991 SCOP ont été recensées, chiffre en hausse de 4% si l’on se réfère à l’année 2015. De plus, fin 2016, ce sont 53 850 salariés qui ont été comptabilisés, SCOP et SCIC réunies. Au cours des quatre dernières années, le nombre de SCOP et de SCIC a connu un progression de 22% tandis que leurs effectifs, eux, ont connu une expansion de 15%. Elles fleurissent donc comme des champignons et fin 2016, il y avait 2298 SCOP et 637 SCIC.

SCOP : ce nouveau modèle qui fonctionne
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