Que sont des moteurs d’engagement en entreprise ? S’engager, c’est d’abord accepter de s’investir, et donc de participer activement à la vie du groupe, et non pas seulement au bon déroulé des process. L’ouvrage d’Alexia de Bernardy a cet objectif : déterminer avec le plus d’acuité possible les moteurs d’engagement, c’est-à-dire ce qui transforme le fonctionnement de l’entreprise en vie d’entreprise, ou ce qui transforme le « je » en « nous ».
L’enjeu est aussi de prouver que ce qui fait « le sel de la vie » (pause-café prolongée, afterworks…) n’est pas nécessairement anti-professionnel, et favoriserait même le surgissement d’idées créatives et originales pouvant par la suite être utiles.

Ce livre a aussi un autre pari : montrer le Return On Investment (ROI) de la happy attitude (la bonne humeur, l’optimisme, l’échange d’émotions…). Une étude de la Harvard Business Review de 2017 a d’ailleurs analysé l’impact sur la performance du « bien-être » (compris comme la camaraderie, l’équité, la fierté au travail, le respect). Selon les résultats, le bien-être des ouvriers et des employés de l’entreprise augmenterait de 10% la rentabilité de l’entreprise. Tout cela légitime donc la rédaction d’un tel ouvrage pour éclairer ce que sont les moteurs d’engagement !

moteurs d'engagement pour l'ouverture

Un résumé pratique : la We-méthode, le noyau des moteurs d’engagement

Qu’est-ce que la We-Méthode ? C’est le résumé des recherches d’Alexia de Bernardy, aussi appelé le Bonjour-Merci-Bravo-Sorry. Il ne s’agit pas d’un mantra qui regroupe l’ensemble des quatre pratiques à mettre en œuvre, mais plutôt des postures à adopter :

  • Bonjour : il s’agit là de signifier l’importance de « l’accueil » pour prendre l’initiative du lien, de l’ouverture à l’autre
  • Merci : c’est l’entraide et la gratitude qui est pointée du doigt, condition nécessaire pour se mettre au même « niveau » que l’autre.
  • Bravo : cela relève de la pensée positive et de la reconnaissance des tâches accomplies et réussies par les autres.
  • Sorry : l’humilité et l’autocritique sont en effet très importantes.

Comment se déclinent ces postures ? En des actions quotidiennes, autant de moteurs d’engagement différents, qui favorisent un climat créateur de liens sociaux : valoriser son collègue sans raison intéressée, se forcer à limiter la critique, mener des activités originales comme la mise en place d’un « mur du kif » pour célébrer les bonnes nouvelles, ou dédier des moments et des espaces de défoulement comme une fête de la défaite dans laquelle on expose ses échecs…

Des centaines de bonnes pratiques et des moteurs d’engagement pour créer du lien

moteurs d'engagement en entreprisePourquoi le lien social a-t-il une importance centrale en entreprise ? « Un échange relationnel de qualité s’établissant entre un employé et son organisation génère un sentiment d’obligation ou de réciprocité supérieur à une relation d’échange purement économique ou instrumentale » pour Natalia Karelaia, professeur de sciences de la décision à l’INSEAD. Des bonnes pratiques sont ainsi mises en exergue pour se sentir bien au travail avec soi-même (rendre son espace de travail plus attrayant en le faisant nous ressembler, ou bien améliorer son hygiène de vie et prendre des moments de pause seul…) et avec les autres (partager tous les jours quelque chose, comme une bonne pratique – qui soit professionnelle ou non d’ailleurs ! – fuir les alarmistes, commencer les journées par les personnes et non par les dossiers…).

Alexia de Bernardy est ainsi allée interroger plusieurs personnalités du monde de l’entreprise pour chercher des exemples. Muriel Saint-Sauveur, ancienne directrice de la communication et de la diversité chez Mazars, explique par exemple qu’elle cherchait à favoriser la proximité avec ses collaborateurs directs comme avec les plus lointains en leur offrant des cadeaux de bienvenue, en multipliant les occasions de rencontres. D’autres cas pratiques illustrent les nombreuses suggestions présentes dans ce livre :

  • Pour encourager la reconnaissance et tenir tout le monde au courant des avancées des autres, Ozvision, entreprise de services sur Internet basée au Japon, organise des “rituels collectifs”, c’est-à-dire que chaque matin a lieu une courte réunion intitulée “C’est nouveau et c’est bien“, où chaque collaborateur raconte une belle histoire qui l’a marqué (qu’elle soit issue de se vie de tous les jours, ou bien une nouvelle du journal qui l’a marqué).
  • Chez Mars, le PDG répond en 30 minutes à des questions faites et triées sur le volet par les collaborateurs. C’est en effet un fait très répandu que nous avons toujours moins confiance en nos dirigeants qu’en nos managers directs. Cette mesure, encore une fois, vise à créer du lien.
  • Chez Michel et Augustin, une fois par mois est organisé un « Tournez manège ! », chaque collaborateur doit rencontrer pendant une heure (ce n’est pas rien !) pour se connaître et se comprendre.

Moteurs d’engagement est donc un véritable manuel destiné à transformer notre façon de créer du lien en entreprise. Les propositions vont des « petits mots » déclencheurs de pensées positives jusqu’à des activités plus fréquentes et prenantes qui rythment et entretiennent le lien.

Les moteurs d’engagement en entreprise d’Alexia de Bernardy
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Les moteurs d’engagement en entreprise d’Alexia de Bernardy

by Yann Sassi time to read: 4 min
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