Il paraît surprenant voire inimaginable que l’idée de donner vie aux objets puisse dater de l’antiquité, mais l’encyclopédie “Dei Ex Machinis” publiée en 2015 par Jean-Arcady Meyer retrace l’imaginaire des automates et de l’intelligence artificielle à partir des fameuses légendes grecques, chinoises ou encore égyptiennes, jusqu’à leur réalisation récente. Le terme d’intelligence artificielle quant à lui a vu le jour en 1956 durant la conférence au Dartmouth College, à Hanover, New Hampshire. John McCarthy, informaticien américain, fut à partir de ce jour-là le fondateur de cette discipline. En 1997, le superordinateur “Deep Blue” d’IBM battait le champion du monde d’échecs, Garry Kasparov, et marquait un tournant historique majeur.

Aujourd’hui, ce processus de simulation d’intelligence humaine est à son plus haut niveau, et celui-ci ne fait que s’accélérer, notamment grâce à l’augmentation des volumes de données, des algorithmes avancés et de la montée en puissance du calcul et du stockage. L’IA fonctionne alors par l’apprentissage automatique en profondeur (deep learning) qui permet aux ordinateurs d’effectuer des tâches de plus en plus complexes (reconnaissance de la parole, identification d’images, prédiction et résolution de problèmes).

L’IA devient donc de plus en plus populaire et ses applications semblent sans limite. Mais qu’en est-il de son utilité pour les RH ? Voici les exemples d’Unilever et Publicis.

L’intelligence artificielle au service du recrutement

L’intelligence artificielle au service d’Unilever : Réussite exponentielle

Unilever, le géant de la grande consommation employant plus de 170.000 salariés, est l’un des pionniers du recrutement par intelligence artificielle depuis 2016. Son objectif ? Rajeunir son image, renforcer la diversité de ses équipes et augmenter sa rentabilité. Après avoir répondu aux annonces qu’ils ont trouvées sur les réseaux sociaux en soumettant leur profil Linkedin, les candidats font d’abord leur preuve en jouant à 12 jeux de neuroscience cognitive programmés par Pymetrics. Puis, si le profil qui en ressort correspond, ils se retrouvent sur la plateforme Hirevue face à une vidéo caméra où ils répondent à des questions que les recruteurs en personne étaient jadis chargés de poser. Des algorithmes de reconnaissance faciale sont mobilisés pour évaluer leur niveau d’enthousiasme en détectant leur gestuelle, dans le but de prédire leur capacité en matière de relations avec la clientèle. Ils sont notés par un système d’étoile d’1 à 5 qui les place ou non sur la liste des meilleurs. Dans ce cas, après l’entretien physique final, une journée d’essai permettra aux recruteurs humains de prendre leur décision.

Les résultats d’Unilever en Amérique du nord de juillet 2016 à juin 2017 ont été partagés sur Business Insider :

  • Le nombre des candidatures est passé de 15.000 à 30.000
  • Les offres ont atteint un plafond de 80% au lieu de 63% 
  • Le nombre d’offres d’embauche formulées aux candidats ayant atteint l’étape finale du processus est passé de 63 à 80%.
  • Le taux d’acceptation de ces offres est quant à lui passé de 64% à 82%.
  • Sans avoir transmis des données chiffrées à ce sujet, Unilever témoigne d’une “augmentation  significative de l’embauche de candidats non-blancs  et assure la croissance de la diversité des milieux socio-économiques des nouvelles recrues ainsi que le respect de la parité des genres.
  • 50 000 heures de recrutement ont été économisées grâce à ce processus ce qui revient à diminuer le temps de travail dédié à ce sujet de 75%.

Aujourd’hui, Unilever a déployé ce processus d’intelligence artificielle dans 68 pays et en 15 langues. Dorénavant, c’est la méthode qu’elle compte employer pour son système de recrutement.

L’intelligence artificielle pour fluidifier l’organisation

Marcel, intelligence artificielle, allie Publicis Groupe et Microsoft pour sa construction

L’un sera chargé de concevoir l’architecture et le design de la nouvelle IA tout en développant son expérience utilisateur tandis que l’autre construira la plateforme en la connectant à sa technologie cognitive de pointe. Ce nouveau partenariat  entre Publicis et Microsoft dont les détails et le produit final, nommé Marcel, seront exposés au grand jour le 24 mai 2018 à Paris, lors du salon Viva Technology, veut connecter les 80 000 collaborateurs de Publicis Groupe à travers le monde tout en accroissant leur autonomie et en développant leur expertise.

Leurs objectifs sont au nombre de trois :

  • En rassemblant tous les employés de la société sur sa plateforme, Marcel serait en mesure de résoudre les problèmes de l’entreprise… mais pas par lui-même. Son intelligence artificielle permettra de repérer les profils les plus aptes à répondre à tout besoin.
  • Le recueil et l’organisation de tous les éléments d’information que tous les collaborateurs du groupe auront introduit sur la plateforme accordera aux utilisateurs la possibilité de bénéficier des connaissances et expériences des membres de Publicis.
  • En établissant une connection entre tous les employés, Marcel leur octroie l’opportunité d’être informés de toutes les nouveautés et les occasions pour qu’ils puissent tous y participer et pourra également motiver leur force créatrice.

Chez Microsoft, nous sommes convaincus que les collaborateurs vont non seulement travailler pour leur entreprise mais aussi, évoluer dans une entreprise qui se mettra à leur service. Marcel incarne cette ambition. C’est ce qui rend notre collaboration si fluide et si naturelle.” a déclaré Satya Nadella, leur CEO. Rendez-vous la semaine prochaine à Vivatech pour découvrir cette nouvelle IA !

Intelligence artificielle au service des RH
5 (100%) 6 votes