Mercredi 2 août : cette date ne vous évoque rien et pourtant elle devrait. A partir du 2 août dernier et selon Global Footprint et WWF, l’humanité aura consommé la totalité des ressources que notre planète est capable de renouveler en une année. De ce fait, depuis cette date nous vivons à crédit… Il est temps de réagir, ça urge !

Mais comment changer nos habitudes, nos pratiques et notre manière de consommer nous direz-vous ?

Changeons de modèle économique : passons à l’économie circulaire

Selon l’institut de l’économie circulaire, depuis la révolution industrielle, notre modèle de production et de consommation repose non seulement sur des ressources naturelles abondantes et sur ce schéma linéaire : “matières premières extraites → production → consommation → déchets.”

Grâce à ce modèle de développement, le progrès a ainsi pu s’accélérer et des milliards de personnes ont pu accéder à l’aisance matérielle. Cependant, notre société, qui ne cesse de s’accroître (la population mondiale devrait, entre 2012 et 2100, connaître une augmentation de l’ordre de 43%), se trouve, aujourd’hui, face à un mur et semble avoir atteint ses limites concernant les domaines relatifs à l’environnement ou à l’emploi. Nous sommes trop gourmands et nous vivons bien au dessus de nos moyens : notre consommation de ressources naturelles dépasse largement la capacité qu’a la terre à régénérer les ressources renouvelables. Néanmoins, une prise de conscience collective a permis de faire changer les choses et des démarches pour protéger ce capital naturel sont en train de voir le jour. Mais, il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin et il  est de notre devoir de continuer les efforts déjà engagés !

Dès lors, l’économie circulaire apparaît comme une bonne alternative pour remédier à toutes ces préoccupations. En effet, comme l’a constaté Ségolène Royal “le monde économique a compris les enjeux du changement climatique et anticipe les changements de modèle à venir. L’économie circulaire constitue à cet égard un levier important pour la contribution à la lutte contre le changement climatique.” De plus, l’ex-ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer déclarait qu’il “est nécessaire d’accélérer le changement de modèle et de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire.” Propos que confirmaient Christophe Sirugue et Pascal Canfin.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

Toujours selon l’institut de l’économie circulaire, l’objectif de l’économie circulaire est “de parvenir à découpler la croissance économique de l’épuisement des ressources naturelles par la création de produits, services, modèles d’affaire et politiques publiques innovantes.” Tout est là : l’enjeu est de faire en sorte de changer notre modèle économique ou du moins de l’adapter afin de prendre plus en compte les problématiques qui se posent à nous actuellement, c’est-à-dire celles liées à l’environnement et à la préservation de notre capital naturel.

Dès lors, ce nouveau modèle met l’accent sur la mise en place de nouveaux modèles de conception, de production et bien sûr de consommation. Cela passe notamment par l’allongement de la durée d’utilisation des produits, le recyclage ou la réutilisation des composants. La gestion des déchets doit aussi être prise en compte et pour ce faire, il faut bien entendu penser, en amont, à une éco-conception de nos produits.

Par ailleurs, selon Pascal Canfin, pour pouvoir se développer dans de bonnes conditions, l’économie circulaire doit se confronter à trois enjeux :

  • Tout d’abord, il est indispensable de créer de nouveaux modèles économiques. Cela passe par la création de plateformes d’échanges qui permettrait ainsi de passer de la vente de biens à la vente de services.
  • Puis vient “le changement des règles du jeu”. Par règles du jeu nous entendons la fiscalité, les normes interdisant la réutilisation de matériaux,… Tout cela constitue des contraintes qui empêchent ou découragent les acteurs économiques et les innovations.
  • Enfin, il faut changer les comportements et les représentations : adopter le tri sélectif, lutter contre le gaspillage alimentaire, faire du covoiturage, mettre en place des politiques de développement durable. En bref, changer nos habitudes.

économie circulaire développement durable

 

Zoom sur les entreprises de l’Association française des entreprises privées

Depuis une dizaine d’années maintenant, les entreprises de l’Association française des entreprises privées (Afep) sont engagées en faveur de l’économie circulaire. Les différentes thématiques de l’économie circulaire ont été fédérées en 2014 par un groupe de travail. Ainsi, les travaux de l’Afep concernant la gestion des déchets et leur recyclage, l’économie de fonctionnalité ou l’éco-conception ont été plus largement élargis à l’approvisionnement durable, l’écologie industrielle et territoriale ainsi qu’à la prolongation de la durée d’utilisation et à la consommation responsable.

Désormais, 33 entreprises sont mobilisées et sont issues de 18 secteurs d’activités différents. Chacune prend des trajectoires différentes et mènent des actions s’inscrivant dans cette fameuse optique d’économie circulaire.

Suivons l’exemple !

Quoi de plus parlant que de vous présenter des grands groupes français, présents sur la totalité de l’hexagone. En effet, ces derniers ont décidé d’intégrer l’économie circulaire dans leurs activités. Pour ce faire, ils ont mis en place des actions spécifiques concrètes  et grâce à ces dernières ils peuvent devenir des modèles et ainsi avoir un rôle d’entraînement.

Air France

La compagnie aérienne française s’est tournée vers l’économie circulaire et a décidé de faire en sorte de réduire son empreinte carbone. Pour ce faire, Air France promeut les conditions de développement qui permettent d’alimenter leurs avions avec du biocarburant aéronautique durable. Ils ont prévu de réaliser cette action entre 2017 et 2021.

Carrefour

Le groupe alimentaire Carrefour a, quant à lui, décidé de lancer une initiative internationale dont le but est de supprimer la distribution des sacs de caisse. Objectif qu’ils espèrent atteindre d’ici 2020.

L’Oréal

Le géant de la cosmétique a lui aussi décidé de se mettre à l’économie circulaire. Le groupe veut améliorer le profil environnemental ou social de 100% de ses produits. Puis, ils veulent aussi réduire les émissions de CO2 de 60%. Réduire la consommation d’eau de 60% en litre par produit, diminuer leurs déchets de 60% par produit et enfin, communiquer de façon transparente avec leurs consommateurs sur l’impact environnemental et social de leurs produits font également parti de leurs objectifs. Ils espèrent réaliser toutes ces actions d’ici 2020.

 

Economie circulaire : changeons de modèle !
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