Ce jeudi 10 octobre a lieu la journée mondiale de la santé mentale, l’occasion pour nous de faire un point sur des pathologies souvent tues par les salariés et encore trop peu traitées en entreprise.

La santé mentale : qu’est-ce que c’est ?

Depuis que l’Organisation Mondiale de la Santé introduit le terme de santé mentale en 1954 il y a eu de nombreux changements de définition. Aujourd’hui l’organisation ne la définit plus seulement comme “l’absence de maladies mentales” mais comme “un état de bien-être dans lequel l’individu réalise ses propres capacités, peut faire face au stress normal de la vie, peut travailler de manière productive et fructueuse et peut apporter une contribution à sa communauté”. Il s’agit donc d’un bien-être psychologique mais aussi social.

Les problèmes mentaux les plus courants sont le stress, l’anxiété, la dépression, le trouble panique, les phobies, les troubles obsessionnels compulsifs, l’insomnie, l’alcoolisme, la toxicomanie ou encore la schizophrénie.

Ces problèmes sont plus courants qu’on pourrait le penser : une étude réalisée en 2017 en Australie estimait que 20% des Australiens âgés de 16 à 85 ans ont eu un problème mental dans l’année passée. Fin 2018, une autre étude réalisée par la Fondation Pierre Deniker pour la recherche et la prévention en santé mentale, en France cette fois-ci, est venue confirmer cette tendance : 26% des femmes en emploi présentent “une détresse orientant vers un trouble mental”.

Et en entreprise ?

En entreprise aussi le sujet de la santé mentale fait son chemin. En 2017 déjà un baromètre Clubhouse et Randstad montrait qu’une personne sur deux avait déjà travaillé avec une personne en situation de handicap psychique. Burn-out, dépressions, hausse de l’absentéisme, et à plus long terme, dégradation des conditions de travail et de l’image de la société sont les principales conséquences pour l’entreprise. Selon le baromètre, les maladies mentales seraient la première cause d’invalidité en France et la deuxième cause d’arrêt de travail, coûtant ainsi plus de 100 milliards d’euros par an.

Ce problème n’est cependant que rarement pris en compte dans les entreprises. Toujours selon le même baromètre 80% des collaborateurs estiment que l’entreprise devrait gérer les problèmes de santé mentale des collaborateurs mais seulement 40% estiment que leur entreprise s’en préoccupe réellement.

Cela n’est tout de fois pas évident pour les entreprises, le sujet étant souvent tabou. Près de 70% des répondants affirment qu’ils n’informeraient pas l’entreprise s’ils se retrouvaient dans cette situation. Et dans le cas inverse la solution est souvent gérée au cas par cas par le manager avec un aménagement de poste ou un suivi renforcé. Les managers peuvent parfois se sentir esseulés face à ce type de situations et certaines entreprises ont commencé à mettre en place de sensibilisation, des formations ou des ateliers pratiques pour les accompagner.

Le sujet est de plus en plus médiatisé et de nombreux guide d’accompagnement pour les dirigeants de PME ont vu le jour. Pour autant les véritables avancées ne pourront avoir lieu qu’en réussissant à faire disparaître le tabou entre les collaborateurs et leurs managers.

L’histoire de Madalyn Parker avait fait trembler la toile lorsqu’il y a deux ans elle avait partagé un échange de mails avec son directeur. Elle avait demandé deux jours d’arrêt maladie pour raison de santé mentale et son boss l’avait alors remerciée pour son honnêteté et pour briser le tabou autour de la santé mentale. Deux ans plus tard cette histoire semble encore exceptionnelle et est encore reprise régulièrement par de nombreux médias. Le tabou est donc encore loin d’être brisé, alors profitez bien de ce jeudi pour mettre votre pierre à l’édifice et aborder le sujet avec vos collègues.

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