Les entreprises font face d’une façon journalière à plusieurs difficultés : la bureaucratie, le ralentissement de prise de décision, la difficulté de passer à l’action, le manque d’agilité, le manque d’adaptabilité, le manque d’opportunité de la part des employés de donner leur input dans la prise de décision…

Ces difficultés se retrouvent dans tous les secteurs et dans toutes les tailles d’entreprises. Certains pensent qu’elles sont la conséquence naturelle de l’organisation qu’on applique : le modèle Taylorien, hiérarchique. Une solution à tous ces obstacles serait l’holacratie.

Xavier Boemare nous a parlé de son expérience chez Engie lors de la conférence Time to Imagine, dont les intervenants se sont focalisés sur les « nouveaux modes d’interaction de l’entreprise avec ses collaborateurs ».

Requalification des relations internes

Xavier Boemare, “Transformation Enabler” au sein de la Branche Global Energy Management de Engie, définit cette nouvelle méthode en la qualifiant d’une « situation dans laquelle on redonne la souveraineté à l’employé ». C’est pour lui une requalification des relations entre les employés : « cette technique consiste à rétablir le lien adulte-adulte en ne recevant plus d’ordres ». Supprimer le rôle du manager afin de rétablir une relation horizontale dans une entreprise ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’hiérarchie dans l’entreprise. L’entreprise est divisée en petites bulles et à la tête se trouve le chef de l’entreprise. L’entreprise est donc une représentation de plusieurs cercles où chacun sert une partie de la raison d’être de la société. C’est donc une entité constituée de plusieurs composantes (catégories et sous-catégories) dont chacune répond à un certain intérêt d’une façon autonome pour le bien-être de la société.

Beaucoup d’entreprises sont frileuses vis à vis de l’holacratie car elles ont peur de perdre les managers explique Xavier Boemare. Pour lui, théoriquement, « être manager, c’est donner des ordres, mais dans le concret, il utilise l’autorité pour accomplir d’autres tâches». Il dévoile que les managers ont un rôle dans l’holacratie mais c’est à eux de révéler leur plus-value au sein de l’entreprise sans se noyer dans un titre. « Tous les managers ont le même titre mais chacun accomplit des missions différentes. Ils ont de l’autorité mais chacun l’utilise différemment ». Avec l’holacratie, l’enjeu serait de réorganiser la mission du manager tout en créant une liberté aux employés. Ainsi, Xavier Boemare suggère que le manager joue un rôle de premier lien avec les employés. « Il fera par la suite de l’administratif, de l’embauche… ».

Plus de collaboratif au sein de l’entreprise ?

Dans cette démarche, on offre une plus grande autonomie aux employés d’accomplir leurs missions. Certes, une grande collaboration existe entre eux afin de répondre à un seul objectif. C’est ce qu’explique Caroline Pailloux, Directrice et Fondatrice d’Ignition Program, en déclarant que dans son entreprise, « chaque employé demande toujours l’avis des collègues de son projet. Il n’y a pas plus de collaboratif que dans l’entreprise libérée ». Pour Xavier Boemare, chaque employé va contribuer à sa façon dans l’entreprise, dans son périmètre sans exclure le collaboratif. C’est donc en soit « être manager de son espace dans l’entreprise sans pour autant exclure la collaboration entre les différents secteurs afin de répondre à la raison d’être de l’entreprise ».

L’holacratie : le futur des entreprises ?

L’holacratie est une des solutions pour gagner en agilité et en créativité. Elle peut être appliquée à toutes les entreprises de tailles différentes (la transition sera évidemment plus rapide dans les petites entreprises). Ce n’est pas une fin mais un moyen pour rendre une entreprise libérée. Reste à mentionner que cette méthode permet de même une adaptabilité rapide aux besoins changeants de l’entreprise et donne la possibilité aux employés de prendre des initiatives et de les appliquer.

En conclusion, abandonner le système taylorien n’est pas une tâche facile surtout pour les grandes entreprises qui ont l’habitude de travailler dans un système hiérarchique. Ce changement ne se fera pas du jour au lendemain, il prend plusieurs mois voire plusieurs années. C’est un projet qui se fait à petit pas.

Holacratie : le remède au manque d’agilité
3.1 (62.5%) 8 vote[s]

Auteur(s)