Ce dimanche 22 septembre, Paris a vu la cinquième édition de sa Journée sans voiture. Une journée dédiée à la question de la mobilité. Une journée pour questionner ses déplacements et trouver des alternatives à la voiture.
Les bénéfices sont nombreux : une ville plus aérée, piétonne, plus douce et plus saine pour tous.

Depuis quelques années, nous assistons à un réel engagement des Français pour changer leur quotidien vers un mode de vie plus durable. L’utilisation du vélo s’est envolée. On comptait, en 2017, une hausse de 90% des ventes de vélo à assistance électrique par rapport à 2007. Les villes se parent de pistes cyclables, les transports en commun sont améliorés, les réseaux étendus… Il semble que les métropoles amorcent toutes, à leur rythme, une transition vers une mobilité plus verte et accessible à tous.

Ces changements voient le jour grâce à de nombreux facteurs, notamment le renforcement des gestes éco-citoyens suite à une prise de conscience collective du dérèglement climatique, dû en grande partie aux émissions de CO² générées par notre activité humaine. Au cœur du problème : la pollution émise par nos déplacements.

Mais, à l’heure où les Français s’interrogent de plus en plus sur leurs habitudes, les entreprises restent à l’origine de nombreux trajets, qui pourraient être repensés et optimisés pour réduire leur impact.

Quelle implication des entreprises ?

Depuis le 1er janvier 2018, l’Etat français impose à toute entreprise ayant plus de 100 salariés sur un même site de se munir d’un Plan de Mobilité (PDM) – ancien Plan de Déplacement Entreprise (PDE) – si elles se trouvent dans le périmètre d’un Plan de déplacements urbain (PDU).
Il revient à l’entreprise d’établir son plan de mobilité personnalisé, pourvu qu’il tende aux objectifs communs, à savoir : la réduction d’émissions de gaz à effets de serre et autres pollutions atmosphériques, la réduction du trafic routier, la limitation du bruit, et, en définitive, l’amélioration de la santé de tous les concitoyens.

Le plan de mobilité concerne non seulement les déplacements des salariés sur le lieu de travail, mais également les déplacements professionnels et les visites de partenaires ou de fournisseurs.

Dans le cadre de ce plan mobilité de nombreuses pratiques sont mises en place notamment :

– La promotion des transports doux grâce à l’installation de parkings à vélo, ou bien la participation financière pour l’achat d’un vélo ou d’une trottinette électrique.
– L’utilisation des transports en commun, avec une prise en charge complémentaire sur l’abonnement mensuel.
– La mise en place d’un covoiturage au sein de l’entreprise grâce à une plateforme interne dédiée (application, site Internet) et la création d’une zone de parking correspondante.
– La régulation et l’optimisation globale des déplacements de tous les collaborateurs.
– L’instauration d’un télétravail partiel ou complet.
– L’éducation aux questions environnementales pour tous.
– La mise à disposition d’espaces visant à la bonne santé des collaborateurs sur place, comme des douches et vestiaires au sein même de l’entreprise.

Quelques solutions innovantes pour réduire l’utilisation de la voiture

L’entreprise Cetelem a opté pour des solutions humaines et a permis le déménagement de ses salariés les plus éloignés du site vers des habitations proches de leur lieu de travail. Le groupe AXA a, lui, misé sur le télétravail : près de 35% des collaborateurs travaillent depuis chez eux, les autres peuvent s’ils le souhaitent travailler à la maison jusqu’à 8 jours par mois.

A l’international, Google s’est penché sur la question et a enclenché une révolution verte au sein de son activité : l’entreprise a décidé de créer sa propre compagnie de bus pour transporter ses collaborateurs vivant à San Francisco jusqu’au Googleplex. Ils sont des milliers à utiliser tous les jours ces bus roulant au gaz naturel.

Aux États-Unis, de nombreuses entreprises, comme la succursale d’Adobe de Boston, décident de déménager leurs locaux situés en zone péri-urbaine au cœur des villes, mieux desservies par les transports en commun.

En France comme à l’international, les entreprises sont désormais moteurs de la transition et assurent une transition écologique et solidaire à travers des plans de mobilité toujours plus ambitieux. La voie semble désormais ouverte pour laisser les trajets en voiture individualisés derrière nous et bouger ensemble dans des villes réaménagées de manière durable.

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