Aujourd’hui en France, les salariés du secteur privé bénéficient de congés lors de l’arrivé d’un bébé. Légalement, la durée du congé maternité pour la mère est de 16 semaines, 6 semaines avant la date de naissance présumée et 10 semaines après. Le congé paternité quant à lui s’élève à 11 jours calendaires consécutifs.

La différence de congés : une source de discriminations

Les différences de durée des congés maternités et congés paternités ont des conséquences sur la vie professionnelle, et notamment sur celle des femmes. Les femmes peuvent en effet faire l’objet de discrimination à l’embauche et au cours de leur carrière du fait de leur situation familiale.

D’après le 10ème Baromètre du Défenseur des droits, la grossesse et la maternité représentent le 3è motif de discrimination cité par les femmes (7 %), derrière l’âge et le sexe. Les femmes actives de 18 à 44 ans interrogées lors de cette enquête présentent « un taux global d’expériences de discrimination de 46% tous critères confondus ». Selon cette même étude, plus de 50% des femmes âgées de 18 à 34 ans ont déjà expérimenté une discrimination dans le monde professionnel.

Alors qu’en France le congé paternité de 11 jours est obligatoire, seulement 29% des entreprises dans le monde autorisent un congé paternité. Heureusement, ces chiffres ne cessent d’augmenter à mesure que les entreprises prennent conscience des enjeux de l’égalité salariale hommes/femmes.

Il est légalement interdit de refuser d’embaucher une personne en raison de son sexe, son état de grossesse ou sa situation familiale. Malheureusement, certains stéréotypes liés à la maternité persistent. C’est ainsi que la grossesse et la maternité sont perçus dans le monde professionnel comme une « menace ».

Le recrutement présentant un coût non négligeable pour les entreprises (comptez entre 15 et 25% du salaire brut annuel de la personne embauchée), ces dernières semblent se montrer frileuses quant à l’embauche de femmes en âge d’avoir des enfants ou ayant de jeunes enfants. Elles redoutent l’absence pour congé maternité ou congé parental, le changement des motivations de la nouvelle mère, les absences potentielles avec un enfant en bas âge.

Ce n’est pas seulement au moment d’un recrutement que les femmes sont discriminées, mais aussi au cours de leur carrière professionnelle. Ces discriminations freinent les évolutions de carrière, aussi bien en terme de promotions que d’accès à des formations par exemple. C’est ainsi que seulement 30% des postes de direction sont tenus par des femmes.

Les entreprises qui alignent les congés parentaux

De plus en plus d’entreprises à travers le monde ont compris l’intérêt d’offrir un congé maternité et un congé paternité de la même durée. Depuis déjà deux ans, la compagnie d’assurance anglaise Aviva a instauré un congé parental rémunéré équivalent pour ses salariés hommes et femmes. Ainsi, jusqu’à 12 mois de congé parental comprenant 6 mois rémunérés à 100% est proposé à l’ensemble des employés. Sur une année au Royaume-Uni, environ 500 jeunes parents salariés d’Aviva ont pu profiter de cette disposition et environ la moitié était les pères.

Zomato est une plateforme en ligne d’évaluation de restaurants dans le monde. Cette foodtech indienne a annoncé en juin dernier qu’elle offrait désormais à tous ses salariés un congé parental de 26 semaines aussi bien aux hommes qu’aux femmes. En Inde, le congé maternité est effectivement de 26 semaines, mais le congé paternité minimal est légalement de 2 semaines. L’entreprise compte ainsi obtenir une plus grande diversité des genres à tous les niveaux de l’organisation.

Les salariés de la branche suisse de Volvo, constructeur suédois de voitures, dispose depuis cette année de 24 semaines de congé parental rémunéré à 80%. Cette nouvelle disposition s’applique aussi bien aux hommes qu’aux femmes, alors qu’en Suisse la durée légale du congé maternité est de 14 semaines et celle du congé paternité de seulement 1 jour.

De retour au Royaume-Uni, l’entreprise de gestion de placement Baillie Gifford a mis en place depuis avril 2019 un congé parental accessible aussi bien aux hommes qu’aux femmes d’une durée de 52 semaines, dont 26 semaines rémunérées à 100% et le reste à 50%. La société souhaite ainsi favoriser la diversité des genres au sein de sa structure et offrir plus de choix et de flexibilité aux jeunes parents.

Ces exemples prouvent qu’une prise de conscience mondiale est en marche et que de plus en plus de grandes entreprises ont compris l’importance d’équilibrer le rôle des hommes et des femmes dans nos sociétés.

Auteur(s)