Il arrive que parfois une entreprise ait besoin de se procurer rapidement d’un ou des travailleurs en raison de l’absence de salariés ou d’un accroissement de la charge de travail pour une durée déterminée sans pour autant vouloir recruter de nouveaux salariés. Dans ce cas, une option lui est ouverte : c’est celle du travail temporaire (l’intérim).

Le travail temporaire consiste, pour une entreprise de travail temporaire connue sous le nom d’agence d’intérim ou agence de placement ou agence de travail, de mettre à la disposition d’une entreprise utilisatrice (ou entreprise cliente), un salarié intérimaire pour l’exécution d’une mission s’étalant sur une durée limitée. Cette opération qualifiée de travail intérimaire (ou intérim ou travail temporaire) se caractérise par une relation triangulaire entre l’entreprise d’emploi, l’entreprise cliente et le salarié intérimaire.

Même si le caractère précaire est un point commun entre un contrat à durée déterminée (CDD) et le contrat de travail temporaire et que ni l’un ni l’autre peut avoir pour objet ou pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise (articles L1251-5 L1242-1 du Code du travail), la relation de travail est différente dans les deux contrats. Contrairement au CDD qui donne lieu à la conclusion d’un seul contrat, le travail temporaire lie les parties par deux contrats : un contrat commercial appelé contrat de mise à disposition qui lie l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise cliente, et un contrat de mission (ou contrat de travail temporaire ou mission d’intérim) établi entre l’entreprise de travail temporaire et le salarié. Ce dernier ne prend effet que pour l’exécution d’une mission ad hoc (précise et temporaire).

L’agence d’intérim peut être spécialisée dans un secteur d’activité ou être généraliste. Elle peut concerner différentes branches d’activité en offrant un panel de nombreux métiers : intérim médical (sage-femme, infirmier, aide-soignant, anesthésiste…), intérim tertiaire (personnel de direction et de gestion, secrétaire, informaticien…), intérim du bâtiment (électricien, peintre, maçon, ouvrier, chef d’équipe, ingénieur…), intérim industrie (secteur automobile, mécanique, maintenance…), intérim transport/logistique (chauffeur, assistant logistique, préparateur de commandes…).

Dans tous les cas, l’objectif de l’entreprise d’intérim est de cibler les besoins ponctuels de la société concernée, d’analyser et de vérifier l’adéquation entre les compétences du candidat à la mission et d’offrir des intérimaires ayant les capacités nécessaires pour répondre aux exigences définies par l’entreprise concernée.

La digitalisation des agences d’intérim

Avec une population d’intérimaire touchant les jeunes de moins de 35 ans et l’hyper-connectivité des nouvelles générations, le secteur de l’intérim n’échappe tout de même pas à la vague de digitalisation. On assiste donc depuis 2014 en France, à un boom des acteurs digitaux de l’intérim.

La France est l’un des premiers marchés de l’intérim au monde avec une estimation de marché de 26 milliards d’euros. Or, ce qui est alarmant est que toutes les startups proposent le même produit : la mise en relation rapide avec l’employeur sans avoir recours à une présence physique des employés de l’agence. Ces services vont notamment s’occuper des tâches administratives (tel que le paiement) et juridiques (la rédaction et la mise à jour des contrats). Et ce processus se fait en quelques clics. Dirigeons-nous donc vers un remplacement des collaborateurs de l’agence d’intérim par la machine ? Peut-on parler d’intérim sans agences ?

Tout ne peut pas être robotisé !

Il est clair que le digital mène à un travail plus rapide. Or, il pourra décharger les entreprises d’intérim des tâches chronophages telles que la signature du contrat, la relance, l’archivage.

Toutes ces tâches n’ayant aucune valeur ajoutée, seront ainsi faites par le digital afin que l’employé puisse consacrer son temps à des moments d’échange et de partage avec l’intérimaire.

En d’autres termes, avec l’accélération rapide et les changements irréversibles et les agences d’intérim doivent se réinventer pour se différencier de la concurrence en optant sur plusieurs points essentiels. 

D’une part, le coût. Généralement, la prestation de service est chère. Elle inclut la prestation, l’évaluation et le suivi. Une ré-optimisation du coût de la prestation en diminuant le prix va permettre d’attirer les intérimaires.

D’autre part, la géolocalisation. A l’encontre de la proximité qui limitent les candidats à une délimitation géographique, la géolocalisation permet l’hyper proximité.

En outre, il faudra premièrement toucher de nouveaux clients en s’orientant notamment vers des entreprises qui traditionnellement n’ont jamais utilisé d’agence intérim en raison par exemple du prix élevé et deuxièmement fidéliser les talents. Pour relever le défi, elles doivent faire évoluer leur relation avec les intérimaires. Ainsi, en choisissant ses relations, le candidat se retrouve de plus en plus au centre du jeu. C’est le début d’une personnalisation de sa relation avec les agences d’emploi en fonction de ses souhaits.

Enfin, l’immédiateté. « Time is money » comme dit le dicton anglais. L’objectif de l’agence d’intérim est donc de pouvoir suggérer des profils compétents très rapidement.

En conclusion, pour les agences d’intérim, le digital leur permet de se décharger des tâches répétitives tout en ne remplaçant pas les équipes de l’agence mais en étant un outil complémentaire et accompagnateur à l’humain. C’est donc une opportunité de gain de temps pour les agences afin de se réinventer pour attirer et fidéliser les talents les plus compétents et les plus fiables.

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