juin 17, 2026

Formation salarié obligatoire 2026 : ce qui change (vraiment) pour vous

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, posons les bases : non, il n’existe pas une formation obligatoire universelle pour tous les salariés en 2026. Ce que l’on observe, c’est un empilement de réformes, d’obligations sectorielles et d’échéances légales qui convergent vers cette année. Décryptage.

Le contexte : pourquoi 2026 est une année charnière

Depuis la loi « Avenir professionnel » de septembre 2018 (loi n°2018-771), le paysage de la formation professionnelle en France a été profondément reconfiguré. CPF, opérateurs de compétences (OPCO), entretiens professionnels obligatoires tous les deux ans, bilan de compétences… Le système a été repensé de fond en comble.

2026 n’est pas une rupture. C’est une échéance de maturité pour plusieurs dispositifs lancés entre 2018 et 2022.

L’entretien professionnel et le bilan de parcours : l’échéance des 6 ans

C’est probablement le point le plus structurant pour les entreprises.

La loi du 5 septembre 2018 impose à l’employeur d’organiser un entretien professionnel tous les 2 ans. Mais au-delà de ce rendez-vous biannuel, un état des lieux récapitulatif doit être réalisé tous les 6 ans.

Ce bilan de parcours à 6 ans doit permettre de vérifier que le salarié a bénéficié, sur cette période, d’au moins deux des trois événements suivants :

  • ✅ Avoir suivi au moins une action de formation
  • ✅ Avoir acquis une certification professionnelle (par la formation ou la VAE)
  • ✅ Avoir bénéficié d’une progression salariale ou professionnelle

Le calcul est simple : pour les entreprises d’au moins 50 salariés ayant mis en place leurs entretiens à compter de 2020, les premiers bilans à 6 ans arrivent précisément en 2026.

La sanction si l’employeur n’a pas respecté ses obligations ? Dans les entreprises de 50 salariés et plus, un abondement correctif de 3 000 € est versé directement sur le CPF du salarié lésé. Ce n’est pas une amende versée à l’État : c’est une somme dont le salarié bénéficie directement.

Les formations obligatoires sectorielles : le panorama 2026

Plusieurs secteurs ont leurs propres calendriers d’obligations, indépendants des réformes générales.

🔒 Cybersécurité

La directive européenne NIS 2 (Network and Information Security), transposée en droit français, impose aux entreprises des secteurs dits « essentiels » et « importants » de former leurs équipes à la sécurité informatique. La mise en conformité progressive concerne des milliers d’entités françaises supplémentaires par rapport à NIS 1.

→ Directive (UE) 2022/2555 : eur-lex.europa.eu → Guide de mise en conformité NIS 2 (ANSSI) : anssi.gouv.fr

🚧 Sécurité au travail (CACES, habilitations électriques, SST)

Ces certifications ont des durées de validité propres. Les CACES ont une validité de 5 à 10 ans selon la catégorie. Les habilitations électriques sont renouvelables en fonction des pratiques terrain. Les entreprises avec des salariés formés entre 2016 et 2021 sont donc en plein cycle de renouvellement en 2026. Elles sont maintenant consignées dans un passeport.

→ Recommandation CNAMTS R.489 : ameli.fr → Norme NF C 18-510 : boutique.afnor.org

🍽️ Hygiène alimentaire (HACCP)

Pour toute entreprise du secteur alimentaire (restauration commerciale, traiteurs, GMS…), la formation à la méthode HACCP est une obligation légale depuis 2012. Elle concerne au moins une personne par établissement. Les mouvements de personnel importants post-Covid ont généré un déficit de personnel formé, et 2025-2026 voit une vague de remises en conformité.

→ Article L233-4 du Code Rural et de la Pêche Maritime : legifrance.gouv.fr → Arrêté du 5 octobre 2011 : legifrance.gouv.fr

♿ Accessibilité et handicap

La loi impose aux entreprises de plus de 20 salariés un taux d’emploi de travailleurs handicapés de 6% (OETH). Des dispositifs de sensibilisation et de formation figurent dans les accords agréés permettant de satisfaire partiellement à cette obligation.

→ Articles L5212-1 et suivants du Code du Travail : legifrance.gouv.fr → agefiph.fr

Le CPF : ce qui change concrètement pour vos salariés

Depuis le 2 mai 2024, le CPF est soumis à un reste à charge de 100 € pour les formations financées à titre personnel (hors financement employeur ou France Travail). Cette mesure vise à réduire les fraudes qui ont coûté plusieurs centaines de millions d’euros à la Caisse des Dépôts.

Ce que cela change pour vous en 2026 :

  • Les salariés sont davantage incités à mobiliser leur CPF dans le cadre d’un cofinancement employeur, via le plan de développement des compétences
  • Les négociations CPF/employeur deviennent un sujet RH à part entière
  • Un système mieux ciblé, mais aussi plus sélectif

→ Décret n°2024-394 du 29 avril 2024 : legifrance.gouv.fr → moncompteformation.gouv.fr

Le plan de développement des compétences : l’obligation implicite

Le plan de développement des compétences n’est pas légalement obligatoire en soi. Mais plusieurs formations qu’il doit contenir le sont. La distinction est fondamentale :

Formations obligatoires = imposées par la loi ou la convention collective

  • Formation à la sécurité (article L4121-1 du Code du Travail)
  • Formation lors d’un changement de poste ou de technologie
  • Formations prévues par accord de branche

Formations non obligatoires = développement des compétences à l’initiative de l’employeur ou du salarié

⚠️ Un employeur qui refuse d’adapter un salarié à l’évolution de son poste s’expose à une requalification en manquement à l’obligation d’emploi et peut être condamné même en cas de licenciement économique ultérieur.

→ Cass. Soc. 23 octobre 2019, n°18-16.539 : courdecassation.fr

Ce que préparent les OPCO pour 2026

Les Opérateurs de Compétences, qui financent la formation dans les TPE/PME notamment, ont défini leurs priorités pour 2025-2026 autour de :

  1. La transition numérique : IA, outils collaboratifs, cybersécurité
  2. La transition écologique : formations aux métiers verts, bilan carbone, éco-conception
  3. Les compétences managériales post-crise : gestion des équipes hybrides, santé mentale au travail

Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier de financements quasi-totaux sur certaines thématiques prioritaires. Ne pas solliciter son OPCO en 2026, c’est laisser de l’argent sur la table.

→ francecompetences.fr → Sites des OPCO sectoriels : OPCO EP, AFDAS, OCAPIAT, Atlas

Ce que dit la convention collective (et que beaucoup oublient)

Au-delà du Code du Travail, votre convention collective peut imposer des formations supplémentaires non prévues par la loi générale. C’est notamment le cas dans :

  • La métallurgie : accord national du 7 février 2022, qui intègre des obligations de formation renforcées
  • Le BTP : obligations spécifiques en matière de sécurité via la CIBTP
  • La santé : DPC pour les professionnels de santé, géré par l’ANDPC
  • La banque/assurance : obligations de formation DDA, 15h/an minimum

⚠️ Consultez votre IDCC sur legifrance.gouv.fr pour connaître les obligations propres à votre secteur.

Le calendrier récapitulatif 2025-2026

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ÉchéanceObligationEntreprises concernées
En continuEntretien professionnel tous les 2 ansToutes
2026Bilan de parcours à 6 ans (cohorte 2020)Toutes, sanctions 50+ salariés
2026Mise en conformité NIS 2 progressiveSecteurs essentiels/importants
En continuRenouvellement CACES / habilitationsSecteurs concernés
En continuHACCP — au moins 1 salarié formé par établissementSecteur alimentaire
2024-2026Adaptation au reste à charge CPFTous les actifs
En continuDDA — 15h de formation/anSecteur assurance

Ce qu’il faut retenir

Pour les RH : anticiper le bilan à 6 ans dès maintenant (et pas en urgence en fin d’année), auditer les certifications à renouveler, et identifier les formations obligatoires sectorielles sont les trois priorités immédiates. Ne gérer cela qu’en réaction coûte systématiquement plus cher que d’anticiper.

Pour les dirigeants : 2026 n’est pas une menace si vous avez joué le jeu depuis 2020. C’est en revanche une exposition réelle pour les structures qui ont négligé les entretiens professionnels ou laissé des certifications expirer. L’heure du bilan a sonné — autant en faire un levier plutôt qu’un audit de crise.

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