Peut-être avez-vous déjà entendu parler des robots de téléprésence, ou peut-être, si vous êtes amateur de séries, avez-vous pu les découvrir dans la saison 5 de The Good Wife. Il s’agit ces fameuses unités mobiles qui, pilotées à distance par le télétravailleur et affichant grâce à son écran le collaborateur en visio-conférence, sont censées remplacer ce dernier “présentiellement”.

Quel intérêt ? D’après les vendeurs cela permet aux managers d’organiser des réunions plus naturellement, aux collègues de savoir où trouver le collaborateur (à son poste), et au télétravailleur de se déplacer dans les couloirs pour participer aux échanges informels.

Des robots de téléprésence, mais pas que !

Vous avez dit gadget ? Leur marché mondial est pourtant annoncé à près de 5 milliards d’euros en 2025. La maturité de nouvelles technologies comme la reconnaissance vocale et l’intelligence artificielle sont à la source d’une acceptation qui ne cesse de s’amplifier. Elles offrent de nombreuses nouvelles fonctions de paramétrage qui permettent à ces robots d’être précisément configurés pour être utiles aux professions desquelles ils viennent en renfort. Ils deviennent ainsi autonomes, leur fonction de prise en main à distance par un télétravailleur n’étant plus qu’une des possibilités.

Grâce à des avancées technologiques remarquables les robots de téléprésence savent désormais mieux dialoguer avec les travailleurs. Ils sont devenus des interfaces crédibles qui mènent à bien les travaux d’entreprise. Aux États-Unis et au Japon, pays où ils sont utilisés depuis de nombreuses années, ils font partie intégrante des ressources sur lesquelles les organisations peuvent compter. L’Europe et la France leur emboîtent le pas pour renforcer les liens de communication entre la sphère décisionnelle et les opératifs de tous rangs. Des entreprises, comme Orange par exemple, en ont mis en place dans les équipes éclatées pour faciliter les échanges entre les collaborateurs et leur manager. Avec les robots de téléprésence le dialogue devient plus fluide et transparent, l’information devient accessible à chaque coin de couloir. Une aubaine pour les RH ? Si de nombreuses professions les utilisent déjà comme de nouveaux assistants à part entière, celles liées à la gestion des ressources humaines découvrent seulement leurs mérites. En tant que vecteur de communication ils constituent une interface neutre, apaisée voire ludique entre les services RH et leurs populations. Ils leur ouvrent de nouveaux canaux de communication efficaces et toujours accessibles. Des questions sur les congés ? Une question sur la manière de demander une formation ? De nombreuses questions de base peuvent être posées à l’oral à ces robots à tout moment afin d’avoir une réponse immédiate. Certes l’expérience n’est pas aussi bonne que lors d’un échange avec son responsable RH, mais celui-ci n’est pas toujours disponible et cela est plus intéressant que de lire une FAQ sur l’intranet.

Une source d’apaisement des conflits ?

Autre utilité, ils possèdent, de manière paradoxale, la capacité d’humaniser un dialogue qui peut parfois être difficile entre interlocuteurs humains. Ils sont donc plutôt l’extension de compétence, perçue comme plus neutre, en cas de conflit par exemple. Activés depuis plusieurs années dans les unités médicales qui prennent en charge de lourdes pathologies, les médecins ont pu constater l’apport positif de leur présence. Les relations entre docteurs et patients sont plus apaisées et elles sont plus fréquentes. Un dialogue d’un nouveau genre s’installe et il devient possible d’échanger des informations qui seraient plus difficile à obtenir. Lorsque l’on a affaire à un interlocuteur neutre, car de synthèse, l’affrontement et la violence n’ont plus leur place dans l’équation sociale qui va permettre d’acquérir des informations ou de faire passer un message.

Les responsables des ressources humaines ne sont pas forcément férus de technologies disruptives. Ils sont plus familiers des échanges entre eux-mêmes, leurs équipes et les travailleurs. Avec des avancées technologiques majeures, celles liées à l’intelligence artificielle, les robots de téléprésence ne sont plus de simples écrans à roulettes. Ils peuvent désormais communiquer en langage naturel, sans même que les travailleurs ne les manipulent. De plus, grâce à la numérisation des sciences cognitives les robots les plus poussés sont désormais capables de déterminer assez précisément les émotions qui animent les propos d’un interlocuteur pouvant ainsi adapter leurs discours et envoyer des alertes aux RH en cas de besoin. Alors, les robots vont-ils réellement investir tous les sièges d’entreprise ? Affaire à suivre.

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